Comment sauver l’Organisation des Nations Unies : de l’agonie à la renaissance
Par Diama Badiane philosophe et sociologue
C’est avec une profonde tristesse que l’humanité contemple l’agonie de l’Organisation des Nations Unies, victime d’un effondrement moral et institutionnel au cours du 21e siècle. Née en 1945 pour conjurer les horreurs de la guerre, l’ONU portait l’espoir d’un ordre mondial fondé sur la paix, la justice et l’égalité. Aujourd’hui, cet espoir vacille.
L’ONU rêvait d’un monde où la loi remplacerait la force, où la coopération triompherait de la domination. Mais elle n’a pas survécu à l’arrogance des puissants, à l’impunité des parrains géopolitiques, ni à l’abus du droit de veto devenu un permis de piétiner les peuples. Elle a été trahie par ceux qui devaient la protéger, réduite au silence par ceux qui l’ont instrumentalisée.
Les obsèques auront lieu dans la mémoire collective de l’humanité, là où l’histoire retiendra que le 21e siècle a choisi de tourner le dos à l’universalisme, pour renouer avec la loi du plus fort, les sphères d’influence, et les relents d’une colonisation que l’on croyait révolue.
Mais l’ONU n’est pas encore morte. Elle est en coma éthique. Et comme toute institution humaine, elle peut être réanimée par la volonté collective.
Comment faire pour revenir aux principes fondateurs?
Sauver l’ONU exige plus qu’un sursaut diplomatique : cela demande un retour courageux à sa mission sacrée.
– Défendre les droits humains sans exception ni complaisance.
– Promouvoir la paix par une diplomatie préventive fondée sur l’écoute et la médiation.
– Garantir l’égalité souveraine des nations, en réformant les structures qui perpétuent l’injustice.
Il urge dès lors d’agir pour la survie de l’humanité :
– Encadrer le droit de veto au Conseil de sécurité, pour qu’il ne soit plus un outil d’impunité.
– Renforcer l’Assemblée générale, afin que la voix des peuples ne soit plus marginalisée.
– Mobiliser autour des Objectifs de Développement Durable, qui restent une boussole pour un avenir plus équitable.
De l’échec peut-il naître de l’espoir?
Que le souvenir de l’ONU ne soit pas un tombeau, mais une graine. Que son échec nourrisse la conscience des générations à venir. Et que de ses cendres naisse un ordre plus juste, plus humble, plus humain
Diama Badiane philosophe et sociologue

