Tueries, emprisonnements, loi d’amnistie de Macky Sall – Y en A marre était bel et bien au front
Y en A marre s’insurge contre l’amnistie de Macky

Le Mouvement Y en A marre avait bel et bien marqué son désaccord par rapport au projet de loi d’amnistie générale que le président de la République d’alors, Macky Sall, avait soumis à l’Assemblée nationale, à l’issue de ce que les camarades de Aliou Sané ont appelé «un énième simulacre de Dialogue National qu’il a organisé les 26 et 27 Février 2024». Y en A marre avait tenu, le 1er mars 2024, une conférence de presse pour dénoncer cette «loi d’amnistie générale dont l’objectif est d’effacer les crimes et délits commis de 2021 à 2024», comme le précisait le texte liminaire du face-à-face avec les médias.
Le Mouvement qualifiait la décision de la loi d’amnistie de Macky Sall «d’inattendue, non concertée et inopportune prise à la surprise générale». Tout en soulignant qu’elle est «systématiquement rejetée par les familles des victimes, les personnes détenues arbitrairement et tous les citoyens soucieux de justice».

Mise en garde contre les députés de Benno Bokk Yakaar
Y en a marre rappelait à Macky Sall et à son régime «qu’aucune loi d’amnistie ne peut absoudre les crimes internationaux notamment la torture, les traitements cruels et dégradants qui sont aussi imprescriptibles». Et fidèle à sa doctrine, le mouvement a «dénoncé cette façon de faire de la politique consistant à bâillonner, à jeter en prison d’honnêtes citoyens dans des conditions inhumaines et à refuser d’ouvrir des enquêtes pour clarifier les décès de dizaines de citoyens et finir par jouer au sapeur- pompier»
Au cours de la même conférence de presse Y en A marre avait souligné qu’il «se dressera contre ce projet funeste et appelle le peuple sénégalais à se mobiliser pour son échec comme il se mobilise héroïquement contre le coup d’Etat constitutionnel». Non sans mettre en garde «les députés qui se rendraient complices d’une forfaiture consistant à étouffer la poursuite de crimes graves et comportements graves contre le vote d’une quelconque loi d’amnistie».

Les candidats à la présidentielle de 2024 interpellés
Les camarades de Aliou Sané déclaraient que «si les autorités persistent à faire voter cette loi, nous nous engageons à travailler avec les organes des Traités des Nations Unies et de l’Union Africaine pour amener le Sénégal à l’abroger dans les meilleurs délais».
Mieux, Y en A marre avait «invité les candidats à l’élection Présidentielle de 2024 à prendre un engagement public à combattre ce projet de loi et à l’abroger au besoin car elle est inique et ses bénéficiaires, encore inconnus, sont autres que les Sénégalais. ». Soulignant, in fine, «Lu loi def, loi mokoy dindi » (ce qui a été fait peut être défait).

Les tueries, emprisonnements dénoncés..
Par ailleurs, Y en A marre avait élevé la voix contre les exactions commises par Macky Sall et son régime : «Le monde entier est témoin des graves violations des droits de l’homme et abus occasionnés par des arrestations, rafles systématiques, brimades et meurtres à travers tout le pays depuis trois ans. Des manifestants non armés ont été abattus de sang-froid au grand jour, d’autres ayant subit des blessures graves se retrouvent handicapés à jamais. Que dire des cas de torture dont le symbole le plus parlant est le jeune militant Pape Abdoulaye TOURE», souligne le texte liminaire de la conférence de presse du 1er mars 2024.
Et d’ajouter : «Comme si cela ne suffisait, près d’un millier de citoyens ont été arrêtés et jetés en prison à Dakar et partout au Sénégal sans aucun fondement légal car des charges ont été montées de toute pièce par un mécanisme de banditisme d’Etat». Avant de renchérir : «Nous en parlons beaucoup moins, mais la condition des détenus arbitraires est un drame national. Beaucoup parmi les prisonniers politiques traineront à jamais les séquelles physiques et psychologiques de leur séjour carcéral. C’est tout cela que la loi d’amnistie de Macky SALL compte nettoyer !»

Quand Y en a marre appelait à la marche du 5 mars 2021 …
Le mouvement Yen a marre avait invité les forces vives à une marche le vendredi 5 mars 2021 à 15h, de la Place de Washington à la place de Soweto, pour, dit-il, « le renforcement de la démocratie et la préservation des libertés». Pour son coordonnateur, Aliou Sané, «le Sénégal vit une crise sans précédent, marquée par une pandémie mortelle et une tension politique sur fond d’accusations de viol et de complots qui dépassent les limites de l’acceptable. Jamais l’État de Droit n’a été aussi fragilisé. Les piliers et les fondamentaux de notre démocratie sont à terre, piétinés par le régime de Macky Sall, déterminé à tailler les institutions sur mesure», dénonce-t-il. Avant d’inviter les Sénégalais à se mobiliser : «Le Sénégal a besoin de ses filles et fils pour sauver l’essentiel. Nous ne pouvons plus laisser faire, laisser arrêter et emprisonner toutes voix discordantes. Car ces dérives autocratiques n’épargneront personne. Il faut se lever pour exiger de Macky Sall le retour aux principes de l’État de droit, la libération des détenus politiques et une réelle séparation des pouvoirs avec une justice indépendante, seule gage de stabilité et de paix sociale».

Thiat, arrêté et molesté, Aliou incarcéré
Thiat du mouvement Y’en a marre, a été arrêté et molesté, le vendredi 5 mars 2021, lors de la manifestation à laquelle ledit mouvement avait convié les forces vives de la nation. La marche devait avoir lieu à Dakar Plateau, de la Place de Washington à la place de Soweto. Rappelons que la marche avait été interdite par le préfet de Dakar qui avait avancé les motifs d’état de «catastrophe sanitaire».

Plus de 4 mois derrière les barreaux
Quant à Aliou Sané, coordonnateur du mouvement Y en a marre, il avait été arrêté le 29 mai 2023 et déféré pour participation à une manifestation non déclarée et trouble à l’ordre public, lorsqu’il tentait de rallier le domicile d’Ousmane Sonko, à la cité Keur Gorgui. En effet, le coordonnateur de la F24 a été arrêté en exécution du mandat de dépôt précédemment émis contre lui après son arrestation le 29 mai dernier pour participation à une manifestation non déclaré et trouble à l’ordre public Il a passé plus de quatre mois en prison.
Mondeafrik.com