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Tunisie – Le Président Kaïs Saïed prolonge « jusqu’à nouvel ordre » le gel du Parlement

Alors que le gel du Parlement tunisien, décrété par le président Kaïs Saïed, le 25 juillet dernier, était initialement censé durer 30 jours, il est désormais prolongé « jusqu’à nouvel ordre », a annoncé, lundi, la présidence tunisienne. La levée de l’immunité des députés est elle aussi prolongée.

Le président de la Tunisie, Kaïs Saïed, a décidé de prolonger « jusqu’à nouvel ordre » le gel du Parlement, a annoncé la présidence dans la nuit de lundi 23 à mardi 24 août. Les activités des députés sont suspendues depuis le coup de force du 25 juillet, qui a permis à Kaïs Saied de s’octroyer tous les pouvoirs.

Kaïs Saïed « a émis un décret présidentiel prolongeant les mesures d’exception concernant le gel des activités du Parlement ainsi que la levée de l’immunité de tous les députés et ce, jusqu’à nouvel ordre », a indiqué la présidence dans un bref communiqué. Le gel du Parlement était initialement prévu pour durer 30 jours.

« Le président s’adressera dans les prochains jours au peuple tunisien », a ajouté la présidence.

« Coup d’État »

Le 25 juillet, Kaïs Saïed a invoqué la Constitution pour s’octroyer les pleins pouvoirs, limoger le chef de gouvernement, Hichem Mechichi, et suspendre le Parlement. 

Depuis son coup de force, le président Saïed n’a toujours pas nommé de nouveau gouvernement ni dévoilé sa « feuille de route », réclamée par plusieurs partis politiques et organisations de la société civile.

Kaïs Saïed avait décrit les mesures comme nécessaires pour éviter l’effondrement du pays. La population a globalement bien accueilli la démarche présidentielle, alors que l’épidémie de coronavirus a amplifié une crise marquée par des années de mauvaise gouvernance, de corruption et de paralysie politique.

Toutefois les adversaires du président, en particulier le parti d’inspiration islamiste Ennahda, ont dénoncé un « coup d’État » et certains, dans et hors du pays, s’inquiètent de l’avenir du système démocratique adopté après la révolution de 2011.

Au cours du mois écoulé, les autorités ont placé en résidence surveillée plusieurs représentants, dont d’anciens ministres, et empêché des politiciens et des hommes d’affaires de voyager.

Ennahda remplace son bureau exécutif

Le régime exceptionnel instauré il y a un mois par le président tunisien a placé aussi en position délicate les partis politiques, et surtout Ennahda, déjà fragilisé. 

Lundi soir, peu avant l’annonce du président tunisien, le parti d’inspiration islamiste a annoncé le remplacement de son bureau exécutif. Le chef du parti, Rached Ghannouchi, a décidé de mettre fin aux fonctions de tous les membres et de former un nouveau bureau exécutif, « afin de répondre aux exigences de la période actuelle avec l’efficacité requise », a indiqué le parti dans un communiqué. France 24

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