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Burundi: le général Evariste Ndayishimiye déclaré vainqueur, l’opposition conteste

Au Burundi, la Commission nationale électorale (Céni) a proclamé, ce lundi 25 mai dans l’après-midi, les résultats provisoires des élections présidentielle, législatives et municipales de mercredi dernier. Et c’est donc, selon ces chiffres, le général Evariste Ndayishimiye, le candidat du parti au pouvoir, qui l’emporte avec une très large victoire. Ces résultats ont d’ores et déjà été contestés.

Aucune surprise cet après-midi. La Céni a annoncé, comme attendu, une très large victoire pour le candidat du parti au pouvoir, le général Evariste Ndayishimiye.

La seule incertitude concernait le pourcentage qui allait lui être attribué : 68,72 %. C’est moins que ce que laissaient entrevoir les résultats communiqués jusqu’ici, par les démembrements de la Commission électorale du Burundi.

Son principal challenger, Agathon Rwasa, avait déjà contesté cette victoire donnée à 24%. Lui et son parti, le CNL, ont ainsi dénoncé une cérémonie de publication des résultats d’un triple scrutin que son porte-parole qualifie, ce lundi soir, de « mascarade électorale » entachée par des « fraudes massives ».

Thérence Manirambona assure que c’est plutôt Agathon Rwasa qui est arrivé en tête avec 58% des voix, selon le décompte des voix qu’ils ont fait à partir des procès verbaux (PV) de dépouillement qu’ils ont réussi à réunir jusqu’ici. En attendant, ils restent « sur la voie de la légalité » et comptent « déposer leur plainte devant la Cour constitutionnelle demain ou après-demain », a-t-il dit.

Malgré cette plainte, le candidat du parti au pouvoir devrait être le prochain président du Burundi

Le système CNDD-FDD tient, en effet, d’une main de fer tous les rouages du pays. Ni le parti CNL, ni l’opinion burundaise ni encore les diplomates en poste au Burundi, personne ne se fait guère d’illusions sur l’issue de cette plainte du principal parti d’opposition, quelles que soient d’ailleurs les preuves accumulées ou pas.

Ainsi, à l’âge 52 ans, le général Evariste Ndayishimiye sera sans doute le prochain président burundais. Membre du cercle très fermé des généraux issus de l’ancien mouvement rebelle hutu, aujourd’hui au pouvoir au Burundi, et qui détient réellement la réalité du pouvoir dans ce pays, Evariste Ndayishimiye est réputé plus ouvert que son mentor, le président Pierre Nkurunziza, à qui il devra succéder.

Coincé entre ces deux pôles du pouvoir, c’est-à-dire le groupe des généraux et le président Pierre Nkurunziza, il n’aura pas la tâche facile, estiment les spécialistes. Le pays traverse une grave crise, depuis 2005 et son économie est pratiquement en ruines. Il aura donc la lourde tâche de réconcilier les Burundais et de développer un pays tombé parmi les trois plus pauvres du monde sous la direction de son mentor. rfi

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