PODCAST – HOMMAGE A UN AMI D’ENFANCE – Diawara, le bâtisseur d’espérance

J’ai pensé, Diawara, à ton dernier soupir, ton dernier souffle. J’ai pensé à ton calme olympien, impassible devant le décret de l’ange de la mort. J’ai pensé à ton voyage, marchant, d’un pas pressé, pour répondre à l’appel de l’Eternel. Pas un mot, pas un murmure. Plutôt, un silence glacial. La descente du tunnel se fait dans le recueillement, puisqu’il n’y a rien au-dessus de la rencontre avec le Créateur. J’ai pensé à ton visage rayonnant, lorsque, au bout du chemin, l’étreinte de l’éternité t’a englouti dans ses ailes aux senteurs paradisiaques. J’ai pensé, en ce moment-là, à ton dernier regard, en guise d’adieu. En vain ! De guerre lasse, je dois admettre la réalité : C’est fini ! Plus de traces, plus de nouvelles ! Le silence total. Et cela, pour l’éternité !
Une terrible réalité, impossible à supporter pour les proches. La non-présence en soi, n’est pas un problème, si le contact n’est pas rompu. C’est plutôt l’absence, enveloppée dans un tourbillon de vacuité, dans un rien ambiant, qui nous attriste, emplit nos cœurs de douleur. Où es-tu ? Qu’est-ce que tu fais ? Es-tu seul ? C’est la non-réponse à ces questions qui rend le déchirement de la séparation encore plus intense.
Mon ami n’est d’aucun lieu. Il est quelque part, mais nulle part. On ne le verra plus ! Plus jamais ! Les croyants musulmans diront qu’il est à Al Barzakh. Un monde intermédiaire où les défunts attendent l’heure du Jugement Dernier. La qualité de vie de l’âme (dans la sérénité et la paix) ici, dépend des bienfaits sur terre. Alors, ses proches ont de bonnes raisons d’espérer. Puisque, sur le sable du monde des vivants, Diawara a laissé des empreintes indélébiles.
Diawara fait désormais partie de ces hommes dont la lumière ne sera jamais ensevelie dans le voile de l’obscurité. C’est l’artisan du monde des possibles. Celui qui apporte l’espoir dans les familles grâce à son expertise et son cœur, source de générosité sans fin. Un acteur de développement qui s’est toujours battu pour que les populations démunies soient tirées vers le haut.
Combien d’artisans a-t-il aidé à mettre le pied à l’étrier ? Des projets conçus et exécutés, avec un accompagnement où la dose d’humanité frise l’overdose, tellement il veut la réussite de ces hommes et femmes qui ont décidé de donner un sens à leur vie. Il a montré la même générosité avec femmes maraîchères, transformatrices etc.
Chaque projet conçu, chaque artisan soutenu, chaque femme accompagnée, est une graine semée pour demain par cet homme à l’esprit vivace. Une intelligence mise au service de l’épanouissement des populations locales. Diawara a le flair des opportunités qui libèrent de la pauvreté.
Il a donné sans compter et cela dans la plus grande discrétion. Diawara n’a jamais perdu de vue que la vraie richesse n’est pas ce que l’on garde dans ses comptes bancaires, mais ce que l’on offre aux autres, avec amour, sans rien attendre en retour.
Quid de son combat pour la commune de Djiredji et au-delà ? De nombreuses réalisations portent ses empreintes. De l’école (lycée, primaire) à la sécurité (gendarmerie), en passant par l’électricité, l’eau (forage), la fréquence radio, le maraîchage et la transformation, Diawara s’est battu corps et âme pour l’épanouissement de ses administrés. Très proche des populations, le maire El Hadji Diawara s’est toujours mis à leur service, en faisant beaucoup de social en direction des imams, du clergé, des jeunes, des associations etc.
Tel un démiurge, il a insufflé l’espérance dans la terre, tout en transformant les produits locaux et les œuvres artisanales en dignité. Il a fait en sorte que la solidarité soit une réalité vivante. Par le travail, Diawara a créé des communautés.
Son sacrifice a permis à d’autres personnes de se lever, de créer, de croire et de tracer les contours d’un monde où elles goûtent aux délices de la dignité. Les projets qu’il a initiés continueront à porter sa signature, et les personnes concernées de près ou de loin par cet élan de générosité ne cesseront de raconter son histoire.
Diawara est éternel dans chaque sourire d’une femme qui cultive son champ, dans l’œuvre de chaque artisan, dans les traits de modernité d’une commune qui avance.
Adieu, ami éternel, bâtisseur d’espérance !
Bacary Domingo MANE (Mondeafrik.com)

