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EDITORIAL  – Sidi Ould TAH, Fantastique Couronne d’un 9ème Chairperson

Par Ismael AIDARA

Constellation d’une élection

Le Mauritanien Sidi Ould TAH (60 ans) est au Pinacle. Il l’a fait. Après une campagne époustouflante qui a cristallisé durant des mois l’opinion internationale, cet économiste chevronné, précédemment président de la BADEA (Banque Arabe pour le Développement Économique) est passé haut la main. Seulement trois tours de vote à sa faveur (76,18 %) ont suffi pour «pulvériser» les ambitions de ses principaux adversaires. L’artillerie diplomatique mise en branle par Nouakchott a mis K.O le candidat Zambien Samuel Munzele Maimbo, arrivé deuxième. Malgré le quitus manifeste de l’administration Donald TRUMP et la logistique mobilisée, Lusaka n’a pas résisté à l’uppercut. Cheval de Troie des Présidents GHAZOUANI et OUATTARA, Sidi Ould TAH jouait gros en démissionnant de son poste de patron de la BADEA. Maître absolu désormais de cette élection du 29 mai dernier, Sidi Ould TAH, devient le 9e président de la banque et prendra fonction le 1er septembre 2025 du haut de la Tour imposante de l’institution financière panafricaine.

 Après une décennie de mandature (2015-2025) du flamboyant ex- ministre nigérian Adesina Akinwumi, à la tête de la banque. La gouvernance ADESINA, marquée tantôt par des vagues de tempêtes noires et des hauts faits, sera- t-elle auditée? Beaucoup le murmurent dans les couloirs de l’institution. Toutefois, la présidence de Sidi Ould TAH intervient dans un contexte économique complexe. La BAD fait face à des défis majeurs. En témoignent la coupe d’injection d’un montant de 555 millions de dollars annoncée par l’administration TRUMP et la fragilité des économies africaines confrontées aux crises abyssales de la dette et aux impacts du dérèglement climatique. Le Mauritanien Sidi devra parer au plus pressé.

L’urgence est de réinventer une banque plus agressive et proche des peuples. Une sorte de Plan Marshall de la finance est attendu. Le retrait des États-Unis, gros bailleur de la BAD, annoncé par le président Donald Trump, qui va priver l’institution de fonds importants, la résurgence des conflits internationaux, les pressions inflationnistes n’arrangent pas les choses. Sidi Ould TAH le sait. Il devra surtout mettre à profit son riche et vaste carnet d’adresses, surtout du côté des fonds arabes, innovants et attractifs pour booster la banque africaine, à la croisée de son destin. Son passage à la BADEA lui donne des béquilles solides à surmonter les épreuves. Pari audacieux, mais réalisable pour cet homme, qui voit déjà loin.

Diomaye FAYE réussit son Dialogue National

Un nouveau et décisif tournant dans l’agenda politique sénégalais. La Journée du Dialogue National, initiée par le Président Bassirou Diomaye FAYE, qui a réuni toutes les composantes de la nation fut un succès éclatant. Sous la coordination du Facilitateur Général, Dr Cheikh GUEYE, membre transversal de la société civile, les participants ont débattu sur des questions nationales prioritaires, engageant le devenir du Sénégal. Discussions franches, directes et inclusives ont rythmé ces journées de concertation. Les conclusions des travaux ont été transmises au Président sénégalais qui tient les cartes en main, jetant désormais les bases consolidantes d’un nouveau Pacte Social, Politique et de Développement inclusif et viable.

Dans la même foulée, Dakar pousse ses pions. Son Premier ministre Ousmane SONKO mène au pas de charge une grande offensive économique à l’échelle africaine et internationale. Il enchaîne des visites officielles successivement en Sierra- Léone, Côte d’Ivoire et Chine. Une belle moisson dans ses valises. Plusieurs accords d’investissements stratégiques ont été signés dans les domaines des mines, technologies, routes et transports. Un new leadership économique international décomplexé et win-win émerge. Ousmane SONKO l’incarne et le porte à merveille.

Union africaine, Secousse tellurique

À peine bien installé dans le cockpit de la Commission de l’Union africaine, le Djiboutien Mahmoud Ali Youssouf fait face à sa première grande tempête. Le poste de Commissaire au Développement économique, Commerce, Tourisme, Industrie et Minéraux à pourvoir par trois candidates en lice (2 présentées par la Guinée Équatoriale et une par la République démocratique de Sâo Tome- et- Principe) agace. En toile de fond, la disparition «hilarante et déconcertante» dans les couloirs du département juridique de l’Union africaine à Addis-Abeba du dossier de candidature de l’ancien Premier ministre de Sâo Tome- et- Principe Dr Maria das Neves Ceita da Sousa. Une ligne de friction diplomatique en e et dynamite les câbles sur l’axe Malabo- Sâo Tome- et- Principe- Addis-Abeba- Kinshasa. Abu- sée, Sâo Tome exige des explications et accuse l’Ambassadeur de la RDC, auprès de l’Union africaine, Doyen du corps diplomatique de la région, SE M. Jean- Léon Ngandu Ilunga, d’avoir ‘’saboté’’ sa candidature, la plus pointue, au profit de l’équato- guinéenne Francisca Tatchouop Belobe. Cette dernière passée au travers du ‘’ filtre’’ des entretiens requis. Parfum de «corruption et de copinage». Un précédent dangereux pour l’image de cette organisation continentale qui traîne la réputation d’accorder peu de chances, souvent, aux États insulaires. À quelles fins? ¢

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