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L’ESTAMPE DU BONHEUR                          

Le lundi 1er juin 2026, la rumeur née dans une « cité cachée » de Fann-Résidence, s’est rapidement muée en information virale : «Décès du Professeur Moustapha Kassé : L’Université sénégalaise perd l’une de ses figures majeures »

La Cité des Professeurs d’Université, Avenue des Ambassadeurs, à Fann-Résidence s’est sentie bien trop petite, mais point inadaptée, pour accueillir pendant une semaine, tous ceux et celles qui ont tenu, après l’inhumation à Touba,  à rendre un hommage personnel et émouvant au Professeur KASSE. Moustapha,  ce fils de Tambacounda, s’est forgé, tout au long de ses 85 ans de vie sur terre,  une réputation  qui, par ses hauts faits, a dépassé les frontières de son pays natal.

Pour nous, «les Mamans de Fann-Résidence », la vie reprend peu à peu son cours, avec un arrière-goût de regrets édulcoré par les éclairs de souvenirs de bonheur. Il en est ainsi sur ce fleuve tranquille de 48 années de vie commune, où alternent  les bonnes nouvelles et des événements aussi tristes que le départ d’un « Papa et d’une Maman » de l’une de nos   35 villas.

Nous, les Mères, nous n’avions de cesse de remercier Mamadou et Bousso KASSE, ainsi que tous leurs petits frères, cousins, cousines, tantes et oncles, d’avoir réussi à rendre à « Pa Kassé » cet hommage que sans nul doute, il partagera là-haut avec son Astou Sarré Chérie.

Nous toutes, aujourd’hui « Mamies » par la grâce du Très-Haut, nous ne pouvons désormais plus emprunter avec indifférence le couloir qui longe la maison.

« Quelque chose cloche », comme on le dit familièrement…Quelque chose nous dit que l’harmonie du décor a été perturbée, que désormais, les volets de la Villa Kassé ne laisseront plus filtrer ce subtil parfum de thiouraye, preuve qu’à l’intérieur, Ta Astou prend soin, avec le raffinement le mieux maîtrise, du confort et du bien-être de toute la maisonnée, pour ne pas dire, de toute la Cité…

Des décennies durant, il en a été ainsi : les mamans veillant à l’éducation et à la qualité de vie de tout un chacun, tandis que les Pères, dans la discipline dont ils étaient spécialistes, diffusaient autant le savoir que le savoir-être : pas seulement à nos enfants biologiques, mais à toute la grande parentèle. Et l’on sait que selon les normes de nos différentes ethnies et cultures, tout enfant a droit à cette éducation qui fera de lui un  Sénégalais, une Sénégalaise     distingué-e autant dans ses rapports avec autrui que dans la haute image de soi, qu’il soignerait tout au long de son existence.

Tata Astou, l’irremplaçable « Présidente de l’Association des Femmes de la Cité » et « Pa Moustapha », l’un des aînés et des plus brillants professeurs de l’Université Cheikh Anta DIOP de Dakar, vous nous avez devancés auprès du Tout-Puissant. Sachez qu’en nous et en tous les Enfants de la Cité, vous avez laissé une marque indélébile : en témoigne cette photo qui m’inspire le titre de cet HOMMAGE que nous avons voulu collectif : L’Estampe du Bonheur… Une ravissante épouse qui prépare, sous le regard tendre de son compagnon, la tasse de thé, traditionnel digestif d’un déjeuner préparé avec amour.

Reposez en paix dans les Jardins du Paradis, pour l’Eternité.

Andrée-Marie DIAGNE BONANE

Maître de Conférences,

Au nom des Femmes de la Cité des Professeurs

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