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RELOGEMENT DU LYCÉE PLAN JAXAAY : ENTRE INERTIE POLITIQUE, IMPÉRATIFS ÉDUCATIFS ET RESPONSABILITÉ CITOYENNE, LES ENSEIGNANS ALERTENT

« Reloger plus de deux mille élèves, enseignants et personnels sans visibilité claire sur le calendrier et les modalités du chantier serait irresponsable » .

UNE CRISE ÉDUCATIVE QUI S’ENLISE

Depuis plus de deux années, le Lycée Plan Jaxaay est confronté à des conditions environnementales et matérielles dégradées : Inondations chroniques, insalubrité persistante, infrastructures inadaptées. Ces dysfonctionnements ont engendré des conséquences délétères, tant sur le plan sanitaire que sur les plans pédagogique et administratif. Malgré ce contexte aussi défavorable, la communauté éducative a su faire preuve de résilience. Les enseignants, soutenus par le personnel administratif et les élèves, ont poursuivi leurs efforts avec un engagement remarquable, obtenant des résultats honorables dans des conditions d’extrême précarité. Ce sens du devoir mérite d’être reconnu et soutenu par une action publique à la hauteur des enjeux.

L’ÉCHEC DES PROMESSES OFFICIELLES

Or, ce qui frappe, c’est la persistance du décalage entre les discours institutionnels et les actes concrets. Plusieurs délégations officielles, y compris celle du ministre de l’Éducation nationale, ont visité l’établissement, ont reconnu la gravité de la situation et ont formulé des engagements. Pourtant, aucune action concrète n’a été entreprise depuis. Ce n’est qu’après la mobilisation des enseignants, du personnel et de la communauté éducative qu’une délégation ministérielle a été dépêchée, promettant une intervention rapide. Mais cette promesse s’est rapidement dissipée dans l’oubli : les herbes derrière les salles de classe sont restées intactes, au même titre que les difficultés quotidiennes. Le bilan est accablant : aucune action concrète n’a été entreprise.

UN RELOGEMENT À RISQUES

Dans ce contexte, l’annonce récente d’un relogement du lycée, accompagnée d’un projet de reconstruction, pourrait apparaître comme une avancée. Cependant, cette décision soulève plusieurs interrogations légitimes. Il ne saurait y avoir de relogement responsable sans la garantie préalable du démarrage effectif des travaux de reconstruction. Reloger plus de deux mille élèves, enseignants et personnels sans visibilité claire sur le calendrier et les modalités du chantier serait irresponsable.

« Un tel transfert, mal préparé, risquerait d’aggraver les conditions d’apprentissage plutôt que de les améliorer ».

LES EXIGENCES PRÉALABLES

Pour qu’un relogement soit crédible et bénéfique, trois conditions sont non négociables :

•          La validation technique et financière des travaux à engager ;

•          Le lancement effectif et vérifiable du chantier de reconstruction ;

•          La préservation de la continuité pédagogique dans des conditions acceptables pour les élèves.

En d’autres termes, l’intérêt supérieur des apprenants doit demeurer la boussole de toute décision. L’école ne saurait être gérée comme un simple dossier administratif. Elle constitue un espace vital, structurant pour l’avenir des jeunes générations, et sa gestion doit refléter cette centralité. Ainsi :

•          Au ministre de l’Éducation nationale , il est demandé de sortir de la logique des annonces et d’engager, sans délai, des actions concrètes, visibles et planifiables. Le relogement ne doit pas être un déplacement de problème, mais une solution cohérente, durable et pensée dans l’intérêt de la communauté éducative.

•          Aux acteurs politiques , il est impératif de cesser d’instrumentaliser l’école dans des combats partisans. L’éducation est un bien commun, non un levier de conquête de légitimité électorale.

•          Aux parents d’élèves , aux citoyens et à la collectivité, il revient de maintenir une veille active, de participer aux instances de concertation et d’exiger que toute transformation éducative soit menée dans la transparence et le respect des droits des élèves.

•          Enfin, au Président de la République et au Premier Ministre , une interpellation directe s’impose. Le dossier du Lycée Plan Jaxaay ne saurait être relégué au second plan. Il symbolise les défaillances systémiques d’un modèle éducatif à deux vitesses, mais peut aussi devenir le point de départ d’un sursaut national pour la dignité de l’école publique.

L’ÉCOLE, MIROIR DE NOS PRIORITÉS NATIONALES

Négliger l’école, c’est fragiliser la nation. La politiser, c’est la dévoyer. La reconstruire, avec méthode et engagement, c’est restaurer l’espoir d’une jeunesse trop longtemps reléguée dans les marges de l’indifférence. L’heure n’est plus aux tergiversations ni aux demi-mesures. La communauté éducative du Lycée Plan Jaxaay, comme l’ensemble des citoyens attachés à l’école de la République, attend des actes à la hauteur de l’urgence éducative.

L’avenir de nos enfants ne peut plus attendre !!!

Amicale du Personnel du Lycée Plan Jaxaay/

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