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Université numérique Cheikh Hamidou Kane – Faute d’ordinateurs, les 20.000 nouveaux étudiants attendent toujours le démarrage des cours

Les nouveaux bacheliers (2025-2026) orientés à l’Université numérique Cheikh Hamidou Kane (Unchk) n’ont pas encore démarré les cours de spécialité. La raison principale : L’État du Sénégal qui s’était engagé à leur fournir des ordinateurs ne s’est pas encore exécuté. C’est la Section du Syndicat Autonome de l’Enseignement Supérieur (SAES) de l’UNCHK qui donne l’information, dans un communiqué, en date du 24 avril.

Les 20 000 nouveaux étudiants orientés à l’Université numérique Cheikh Hamidou Kane (UNCHK), au titre de l’année universitaire 2025-2026, n’ont pas encore démarré les cours de spécialité, faute d’ordinateurs. La Section du Syndicat Autonome de l’Enseignement Supérieur (SAES) de l’UNCHK qui donne l’information, dans un communiqué de presse en date du 24 avril, affirme que «Depuis leur orientation en octobre 2025, ces étudiants n’ont toujours pas pu démarrer leurs cours de spécialité. La raison est simple : ils n’ont pas reçu les ordinateurs que l’État du Sénégal s’était engagé à leur fournir, condition pourtant essentielle au fonctionnement de cette université entièrement basée sur le numérique».

250 000 F à chaque étudiant, le Seas exprime sa vive inquiétude

Ce qui étonne la section Saes de l’Université numérique, c’est l’initiative de l’État qui «envisage de verser à chaque étudiant un montant de 250 000 FCFA pour l’achat d’un ordinateur». Suffisant pour que la Section SAES «exprime sa vive inquiétude et marque sa désapprobation face à cette initiative». La section Saes de l’Université numérique avance un certain nombre d’arguments pour étayer son rejet de cette initiative étatique : «D’abord, une telle mesure ne règle pas le problème de fond. L’UNCHK fonctionne selon un modèle spécifique, qui nécessite des équipements adaptés et homogènes, compatibles avec les plateformes pédagogiques utilisées. La décision de laisser à chaque étudiant la responsabilité d’acheter individuellement son matériel, sans encadrement technique, expose à des inégalités, à des erreurs d’achat et à des dysfonctionnements dans le suivi pédagogique ». Et d’ajouter : «aucun dispositif clair ne garantit que les fonds soient effectivement utilisés pour l’achat d’un ordinateur. Dans un contexte socio-économique difficile, certains étudiants pourraient être contraints d’utiliser cet argent pour d’autres besoins urgents, ce qui serait non seulement un détournement d’objectif, mais aussi les mettrait en difficulté pour suivre les enseignements et réussir leurs études ». Enfin, «une telle décision risque de créer des situations ingérables dans les espaces numériques ouverts (ENO), où des étudiants non équipés viendraient en nombre pour suivre les cours ou passer les examens, dans des infrastructures aux capacités d’accueil déjà limitées ».

Ne pas violer un principe fondamental…

Pour les syndicalistes, «au-delà de ces aspects pratiques, cette situation révèle une méconnaissance flagrante et préoccupante du modèle de l’UNCHK». Et de rappeler que « depuis sa création en 2013, cette université repose sur un principe clair : garantir à chaque étudiant les outils nécessaires pour étudier dans un environnement numérique structuré ». Par conséquent, « remettre en cause ce principe fragilise tout l’équilibre du dispositif ».

De plus, la Section SAES/UNCHK rappelle que «cette décision intervient dans un contexte marqué par un calendrier académique en difficulté ». Elle souligne qu’elle «dégage toute responsabilité sur les impacts que cette situation causera sur le calendrier académique déjà en retard depuis des années. »

Décalage entre engagement et réalité

Enfin, la section Saes de l’université numérique souligne que cette situation «met en lumière le décalage entre les engagements de l’État et la réalité ». Et de donner l’exemple de la promesse non tenue par l’Etat : « sur les 45 ENO initialement prévus, seuls 18 sont aujourd’hui pleinement opérationnels, avec 12 ENO qui sont définitifs, livrés et occupés et six autres qui sont provisoirement occupés ».

La Section SAES/UNCHK « réitère sa disponibilité à travailler avec les autorités afin de trouver des solutions durables et efficaces pour l’intérêt des étudiants et du système universitaire de notre pays ».

Mondeafrik.om

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